Claire Martin
Paysagiste indépendante
Claire Martin accompagne des particuliers dans la transformation progressive de jardins de ville et de campagne. Elle conçoit des aménagements qui articulent usages quotidiens, végétaux adaptés et accueil de la biodiversité.
Claire Martin, paysagiste indépendante, accompagne des particuliers qui transforment peu à peu leur jardin de ville ou de campagne. Pour elle, un jardin écologique ne consiste pas à laisser pousser sans intervenir : il s’agit surtout de choisir des gestes utiles pour le sol, l’eau, les plantes et les refuges pour la faune. Réduire les traitements, conserver ce qui fonctionne déjà, accueillir une part de spontanéité et agir au bon moment donnent souvent de meilleurs résultats qu’un grand bouleversement. Ses conseils, conçus pour le climat de la France métropolitaine, sont à adapter selon l’exposition, la terre, les usages du foyer et les règles locales.
Par où commencer lorsqu’on veut rendre son jardin plus écologique ?
Je commence toujours par demander aux propriétaires de ne rien acheter pendant quelque temps. Avant de planter, il faut regarder : où le soleil reste-t-il longtemps ? Où la terre sèche-t-elle vite ? Quels coins gardent l’humidité ? Quels passages sont vraiment empruntés ? Un vieil arbuste, une bande d’herbe ou un tas de feuilles sous une haie peuvent déjà rendre des services au jardin.
Je cherche ensuite ce qu’il est possible de conserver. Un jardin n’a pas besoin d’être refait d’un seul coup pour évoluer. J’ai en tête un petit terrain très minéral : la première amélioration n’a pas été une plantation spectaculaire, mais la réouverture d’une bande de terre contre une clôture, aussitôt couverte de broyat. Quelques plantations sont venues plus tard, lorsque nous avons compris comment cet endroit recevait le soleil et le vent.
Ma méthode tient en quatre priorités :
- arrêter les traitements chimiques ;
- limiter les zones de sol nu ;
- retenir et employer l’eau avec mesure ;
- diversifier les végétaux et les lieux où la faune peut trouver refuge.
Il faut aussi partir des usages réels : repas dehors, jeux, potager, linge à sécher, accès au cabanon. Un jardin vivant reste plus simple à entretenir lorsqu’il est conçu autour de la vie quotidienne. Pour poser ce premier plan, vous pouvez aussi aménager son jardin en tenant compte de ses usages.
Pourquoi dites-vous qu’un jardin écologique ne doit pas être laissé à l’abandon ?
Parce qu’un jardin vivant n’est pas un jardin délaissé. Il demande même une attention plus fine : je coupe moins automatiquement, mais j’observe davantage. Je protège une jeune plantation, je maintiens les cheminements, je retire ce qui est malade lorsque cela s’impose et je veille à ce qu’aucune zone ne devienne impraticable.
L’idée est de donner une fonction à chaque partie du terrain. Près de la maison, je conseille souvent un espace net et facile à vivre. Plus loin, une haie diversifiée, une bande moins tondue ou un coin où les feuilles restent au sol peuvent prendre le relais. Entre les deux, les plantations servent de transition plutôt que de frontière rigide.
Cette organisation évite de demander la même chose à toute la parcelle. Une pelouse peut rester utile là où l’on joue ou circule, sans devoir couvrir chaque mètre carré. En répartissant les rôles, on garde un jardin agréable tout en laissant davantage de place aux végétaux et aux petits animaux. C’est une bonne façon d’organiser les différents espaces du jardin.
Que change réellement l’abandon des pesticides au jardin ?
À mes yeux, c’est le point de départ. Dès que l’on cesse de considérer chaque herbe spontanée ou chaque feuille trouée comme un problème à éliminer, le regard change. On agit davantage sur les causes : sol dénudé, plante mal placée, manque d’aération, concurrence trop forte ou arrosage mal ciblé.
La loi Labbé est codifiée à l’article L. 253-7 du code rural et de la pêche maritime. Depuis le 1er janvier 2019, la vente de pesticides chimiques aux particuliers est interdite. Selon la réglementation, les particuliers ne peuvent plus acheter ni utiliser les produits concernés. Restent autorisés les produits de biocontrôle, les produits utilisables en agriculture biologique et les produits à faible risque.
Je rappelle néanmoins qu’un produit autorisé n’est pas un geste anodin. Je vérifie toujours sur l’étiquette l’autorisation du produit, la culture visée et les doses à respecter. Les mots « bio » ou « naturel » ne suffisent pas à établir qu’un produit peut être employé dans toutes les situations.
Dans les massifs, je privilégie des solutions très simples : désherbage manuel au départ, paillage après l’intervention, plantes couvre-sol là où la terre demeure nue, et acceptation de quelques plantes spontanées lorsqu’elles ne gênent ni les plantations ni les passages. Pour vérifier le cadre applicable, consultez les règles applicables aux pesticides pour les particuliers.
Comment faites-vous pour remettre le sol au centre du jardin ?
Je considère le sol comme une surface à protéger, pas comme une terre qu’il faudrait retourner sans cesse. Un sol laissé nu se dessèche vite, se tasse sous la pluie et laisse toute la place aux herbes que l’on ne souhaite pas garder. À l’inverse, une couverture végétale ou organique amortit les écarts de température et donne au jardin un aspect plus posé.
Le paillage est un outil très accessible. Sous les arbustes et dans les massifs, j’utilise volontiers les feuilles mortes saines, les tontes laissées à sécher en couche légère ou le broyat issu des tailles. L’intérêt est double : ces matières restent sur place et évitent des allers-retours inutiles. Il faut simplement adapter la matière à l’endroit, sans étouffer les jeunes plantes ni accumuler des déchets malades.
Les déchets de jardin font partie des biodéchets. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est généralisé. Le compostage de proximité, y compris à la maison, est une solution possible, mais il n’est pas imposé aux ménages. Les collectivités doivent proposer une solution de tri à la source, avec des modalités qui varient localement.
Mes gestes simples pour un sol couvert :
- laisser les feuilles saines sous les arbustes ;
- broyer les tailles plutôt que les évacuer systématiquement ;
- pailler après un désherbage ;
- éviter de retourner tout le sol ;
- installer des plantes couvre-sol là où la terre reste nue.
Je préfère procéder par petites zones. Un massif bien paillé et planté de façon cohérente demande souvent moins d’interventions qu’une grande surface nue, régulièrement sarclée. Cette façon de faire rejoint les principes d’entretien et de mise en propreté sans appauvrir le jardin.

Que faites-vous des tailles, des feuilles et des tontes ?
Je commence par trier selon la nature de la matière et selon la place disponible. Les petites tailles ligneuses deviennent facilement du broyat au pied d’une haie ou des arbustes. Les feuilles saines peuvent rester sous les plantations. Les matières adaptées peuvent aussi alimenter un composteur, tandis que les volumes trop abondants partent vers la déchèterie ou la collecte locale lorsqu’elle existe.
En principe, un particulier ne peut pas brûler ses déchets verts à l’air libre. Le ministère recommande plutôt le broyage, le paillage, le compostage, la déchèterie ou la collecte séparée proposée localement. La sanction peut aller jusqu’à 750 €. L’interdiction concerne aussi le brûlage des déchets verts avec un incinérateur de jardin.
Je ne cherche pas à tout garder à tout prix. Une branche malade, un gros volume difficile à broyer ou des végétaux inadaptés au compost demandent une filière adaptée. Le bon réflexe est de garder au jardin ce qui peut y être valorisé proprement et de confier le reste au service local. Le ministère détaille les bons gestes pour limiter le brûlage des déchets verts.
Comment choisir des plantes moins gourmandes en eau ?
Je ne parle pas d’abord de plantes « sans eau », car toute plantation a besoin d’attention au moment de son installation. Je cherche plutôt une plante adaptée à son emplacement : exposition, nature du sol, vent, concurrence des racines d’arbres voisins et climat local. Une plante bien placée réclame moins de corrections par la suite.
Je conseille de regrouper les végétaux selon leurs besoins. Cela évite d’arroser toute une plate-bande parce que quelques plantes seulement souffrent. Une préparation soignée du sol, un paillage et un arrosage ciblé au pied des plantations nouvellement installées sont souvent plus utiles que de petits arrosages dispersés sur toute la surface.
En principe, l’eau de pluie peut être employée pour les usages extérieurs, notamment l’arrosage, sans procédure d’autorisation. Mais en période de sécheresse, les restrictions sont fixées par arrêté préfectoral. Elles peuvent concerner toutes les ressources, qu’il s’agisse de l’eau du réseau, d’un puits ou d’un forage.
Avant un arrosage exceptionnel, je conseille de vérifier la situation sur VigiEau à l’adresse ou dans la commune concernée. L’arrêté préfectoral reste toutefois la référence juridique. Le potager peut parfois relever de règles différentes de celles de la pelouse, mais ce n’est ni national ni automatique.
Une prairie fleurie est-elle adaptée à tous les jardins ?
Non, pas forcément. Une prairie fleurie ne se décide pas parce qu’elle paraît séduisante sur une photo. Elle a besoin d’un emplacement adapté, d’un minimum de suivi et d’une évolution que l’on soit prêt à accepter. Dans un petit jardin, une bande ensoleillée ou une lisière peut être beaucoup plus réaliste qu’une transformation complète de la pelouse.
Je distingue toujours une herbe haute choisie d’une zone qui s’envahit sans projet. Une zone plus libre gagne à être encadrée par un passage tondu, une bordure ou des plantations plus structurées. Ces repères rendent le jardin lisible et permettent de circuler sans piétiner la végétation.
Chez certains particuliers, nous gardons une partie centrale de pelouse pour les jeux ou les repas, puis nous laissons les périphéries évoluer davantage. Cette transition est plus facile à vivre qu’un changement brutal. Elle apporte des formes végétales variées, tout en maintenant des usages simples et un jardin entretenu.
Ce sol vivant se nourrit aussi des restes du jardin : voyez comment produire un compost de qualité à la maison.
Faut-il planter une haie champêtre plutôt qu’une haie uniforme ?
Je préfère généralement une haie composée de plusieurs essences, de volumes différents et présentant un intérêt à différentes saisons. Elle donne un résultat moins rigide et offre davantage de diversité dans le jardin. Mais elle doit surtout être adaptée au sol, à l’exposition et à la place réellement disponible. Une haie variée plantée trop près d’une limite ou trop serrée devient vite un problème d’entretien.
Avant de planter, je demande toujours où se trouve exactement la séparation entre les propriétés. Le cadastre ne fixe pas à lui seul la limite : en cas de doute, un bornage amiable ou judiciaire peut être nécessaire. Le PLU, le règlement de lotissement et les usages locaux sont à consulter en premier, car ils peuvent primer sur le cadre général.
À défaut de règlement ou d’usage local constant, le code civil prévoit une distance de 2 m pour les plantations qui dépassent 2 m de hauteur et de 0,50 m pour les autres. La mesure se prend depuis la ligne séparative jusqu’au pied de la plantation, non depuis le feuillage.
| Point à vérifier | Ce que je conseille | Règle ou repère à rappeler |
|---|---|---|
| Limite de propriété | Identifier clairement la séparation avant de planter | Le cadastre ne suffit pas, à lui seul, à fixer la limite |
| Distance de plantation | Prévoir le volume adulte des arbustes | À défaut de règle locale : 0,50 m ou 2 m selon la hauteur |
| Règlement local | Consulter le PLU et le règlement de lotissement | Ces règles peuvent primer sur le cadre général |
| Choix des végétaux | Mélanger les formes et les saisons d’intérêt | Adapter les plantations au sol et à l’exposition |
| Entretien | Prévoir une haie que l’on pourra tailler raisonnablement | Observer les nids avant toute intervention |
Un jardin écologique peut aussi être nourricier : voici un calendrier des récoltes de saison au jardin.
Peut-on tailler les haies pendant la période de nidification ?
Je conseille de différer les tailles importantes dès que les oiseaux commencent à s’installer dans les arbustes. Pour un particulier, il n’existe pas de règle nationale générale interdisant toute taille entre le 15 mars et le 31 juillet. L’OFB recommande néanmoins d’éviter cette période, qui correspond largement à la nidification.
Je ne taille jamais mécaniquement une haie sans regarder les rameaux, écouter l’activité et vérifier si des oiseaux entrent et sortent au même endroit. Il est interdit de détruire ou d’enlever des nids ou des œufs, ainsi que de perturber intentionnellement des oiseaux protégés. Une coupe peut donc poser problème si elle détruit un nid d’espèce protégée.
Il faut aussi distinguer l’entretien léger de la destruction d’une haie. Le régime unique de la haie a été créé par la loi du 24 mars 2025. Le décret du 28 août 2026 s’applique aux déclarations déposées à compter du 1er octobre 2026 : il encadre les projets de destruction, avec une déclaration unique préalable et, par défaut, une compensation par replantation d’un linéaire au moins égal.
Les haies constituant l’enceinte d’un jardin attenant à une habitation, ou situées à l’intérieur de celui-ci, seraient exclues de ce régime. Je conseille toutefois de vérifier ce point selon la situation locale, surtout lorsqu’il s’agit d’arracher une vieille haie plutôt que de la rabattre.
Pour les agriculteurs soumis à la conditionnalité de la PAC, la règle BCAE 8 prévoit une interdiction de taille des haies et des arbres du 16 mars au 15 août inclus. Cette règle ne s’applique pas automatiquement aux particuliers.

Quels refuges pour la faune sont réellement utiles ?
Je ne commence pas par acheter des abris décoratifs. Dans un jardin, les refuges les plus utiles sont souvent déjà là ou peuvent être créés avec ce que l’on a sous la main : une couche de feuilles sous les arbustes, un petit tas de bois stable, une haie diversifiée ou un recoin moins fréquenté.
L’essentiel est la continuité. Un tas de branches déplacé chaque semaine, un massif entièrement nettoyé ou un abri placé au milieu d’un espace de jeux ne deviennent pas des refuges durables. Je cherche plutôt des zones calmes, que l’on peut observer à distance sans les déranger, où le feuillage, le sol couvert et la diversité des plantes se rejoignent.
Je garde notamment en tête ces principes :
- laisser des feuilles saines sous une haie ou au pied des arbustes ;
- conserver quelques tiges sèches lorsque cela ne gêne ni la circulation ni la sécurité ;
- installer un tas de bois hors des zones de passage ;
- éviter de nettoyer intégralement le jardin au même moment ;
- maintenir des plantations variées autour des refuges.
Un abri isolé ne suffit pas. Il doit s’inscrire dans un jardin qui offre aussi des fleurs, un couvert végétal et des endroits tranquilles. La diversité se construit par petites continuités, pas par l’accumulation d’objets.
Quelles erreurs voyez-vous le plus souvent dans les jardins dits écologiques ?
La première erreur consiste à confondre jardin vivant et absence de projet. Un jardin écologique peut être très soigné : les cheminements sont praticables, les plantations ont de la place, les zones de repos restent agréables et les parties plus libres sont assumées.
Je vois aussi beaucoup de plantations trop serrées. Au départ, l’ensemble paraît fourni ; quelques saisons plus tard, les végétaux se concurrencent, l’air circule mal et la taille devient une contrainte. Mieux vaut accepter un jardin qui se construit progressivement.
Les erreurs que je rencontre le plus souvent :
- remplacer une pelouse par un espace sans projet ni accès ;
- planter trop serré ;
- laisser le sol nu entre les plantations ;
- installer des végétaux sans tenir compte de l’exposition ;
- arroser un peu partout au lieu d’arroser au pied ;
- tailler mécaniquement sans vérifier la présence de nids ;
- croire qu’un produit dit naturel est nécessairement autorisé ;
- brûler des tailles au lieu de les valoriser ou de les déposer dans la filière locale.
Avant d’évacuer des tailles, je me demande toujours si elles peuvent servir sur place. Un broyat sous une haie ou dans un massif évite souvent de laisser la terre nue. Lorsque le volume est trop important ou que la matière ne convient pas, la déchèterie ou la collecte proposée localement restent les bonnes options. Retrouvez les bons gestes pour limiter le brûlage des déchets verts.
Comment concilier jardin accueillant pour le vivant et jardin agréable à vivre ?
Je ne demande jamais aux habitants de renoncer à profiter de leur jardin. Au contraire, un jardin utilisé régulièrement est mieux observé : on repère une zone trop sèche, une plantation qui souffre, une haie qui prend trop de place ou un coin calme qui mérite d’être préservé.
J’organise souvent le terrain en trois parties. Près de la maison, l’espace reste net et simple à vivre : terrasse, table, circulation, plantations maîtrisées. Plus loin, les végétaux prennent davantage de place ; à la périphérie, une haie, des arbustes et quelques zones moins tondues peuvent former une transition plus libre.
Les bordures, les passages et les assises ont alors un vrai rôle. Ils permettent d’entrer dans le jardin, de le regarder et de s’y installer sans multiplier les surfaces minérales. Une terrasse bien pensée peut rester reliée aux plantations : découvrez comment aménager une terrasse sans rompre avec le jardin.
Je veille aussi à ce que les matériaux et les plantations soient choisis ensemble. Un chemin doit conduire quelque part ; une haie doit pouvoir être entretenue ; un massif doit être accessible sans piétiner son sol. C’est cette cohérence qui rend les gestes écologiques durables au quotidien.
Faut-il conserver une zone moins tondue ?
Oui, si elle correspond aux usages du jardin et si vous pouvez la maintenir proprement. Je ne conseille pas de laisser toute la pelouse évoluer de la même manière. Une petite zone périphérique, une lisière au pied d’une haie ou une bande peu piétinée suffit souvent à introduire une autre forme de végétation.
Le contraste avec une pelouse tondue ou un chemin entretenu est utile : il montre que cette zone est volontaire. Dans un jardin de ville, quelques mètres carrés bien placés sont souvent plus faciles à réussir qu’une grande surface qui empiète sur les passages et les activités familiales.
J’observe ensuite ce qui apparaît naturellement et ce qui disparaît. Cela donne des indications précieuses sur l’humidité du sol, l’ensoleillement et la concurrence des arbres voisins. Cette observation vaut mieux qu’une transformation hâtive de tout le terrain.
Comment utiliser l’eau avec davantage de mesure ?
Je commence par réduire les besoins avant de chercher une réserve plus grande. Une plantation adaptée, un sol couvert et des végétaux regroupés selon leurs besoins en eau limitent les arrosages dispersés. Lorsqu’une plante vient d’être installée, j’arrose au pied, de façon ciblée, plutôt que de mouiller largement la surface.
L’eau de pluie peut être utilisée à l’extérieur, notamment pour l’arrosage. Mais, en période de sécheresse, je vérifie toujours les restrictions applicables avant d’arroser, y compris avec une eau issue d’un puits ou d’un forage : les mesures locales peuvent concerner toutes les ressources.
Les restrictions sont fixées par arrêté préfectoral. VigiEau permet de les consulter par adresse ou par commune, mais l’arrêté préfectoral reste la référence juridique.
Dans la pratique, je préfère concentrer l’eau sur les végétaux nouvellement installés ou à sauver, plutôt que d’essayer de maintenir un jardin entier dans le même état pendant une période sèche. Une pelouse qui jaunit n’appelle pas forcément une intervention ; une jeune haie ou un arbuste récemment planté demande davantage d’attention.
Quel premier geste conseillez-vous à un jardinier qui hésite ?
Je conseille de choisir une seule zone : un massif, le pied d’une haie ou une bande de terrain peu utilisée. Couvrez la terre nue avec un paillage adapté, cessez les traitements chimiques et observez ce qui change avant de transformer le reste du jardin.
Vous pouvez aussi conserver une petite portion moins tondue ou prévoir une haie diversifiée, à condition de respecter les distances de plantation et les règles locales. Pour organiser cette évolution sans vous disperser, relisez les principes pour aménager son jardin en tenant compte de ses usages.
Mon conseil le plus simple est de photographier le même coin de jardin au fil des saisons. Vous verrez mieux ce qui pousse réellement, les endroits qui restent secs, les zones qui demandent moins d’intervention et les gestes à ajuster l’année suivante.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon sol est adapté aux plantations que j'envisage ?
Observez d'abord la vitesse à laquelle l'eau pénètre, la présence de cailloux, les zones qui restent fraîches et celles qui se dessèchent vite. Regardez aussi les plantes déjà installées, souvent révélatrices des conditions du terrain. Avant tout achat, choisissez un petit secteur test et adaptez les végétaux à son exposition plutôt que de modifier lourdement le sol.
Peut-on installer un potager dans une démarche écologique ?
Oui, à condition de le placer là où il recevra suffisamment de lumière et restera facile d'accès. Un sol couvert entre les cultures, des arrosages ciblés et une rotation des emplacements limitent les difficultés. Prévoir des fleurs, des aromatiques et des abris végétaux à proximité favorise aussi un jardin plus diversifié, sans promettre l'absence totale de ravageurs.
Quel paillage choisir pour des plantes en pot ?
Pour des contenants, privilégiez un paillage léger qui laisse circuler l'air et facilite l'arrosage, comme des feuilles sèches émiettées ou un broyat fin bien sec. Évitez les couches compactes contre les tiges, car elles peuvent maintenir une humidité excessive. Vérifiez régulièrement que l'eau pénètre bien dans le substrat et ajustez selon l'exposition.
Comment éviter que les limaces prennent trop de place au jardin ?
Commencez par protéger les jeunes plantations les plus fragiles et évitez de créer des zones humides permanentes juste autour d'elles. Diversifier les plantations, arroser au pied et observer les dégâts permet d'intervenir de manière ciblée. Le jardin gagne aussi à accueillir des prédateurs naturels grâce à des haies, des feuilles au sol et des recoins peu dérangés.
Faut-il supprimer toutes les plantes spontanées dans les allées ?
Non, il est préférable de distinguer les plantes qui gênent réellement la circulation de celles qui peuvent rester dans une zone peu fréquentée. Dans les joints, au pied d'un mur ou en bordure, une végétation discrète peut limiter le sol nu. Un désherbage manuel ponctuel et un cheminement lisible suffisent souvent à conserver un aspect entretenu.
Sources
- Pesticides et pollutions diffuses
- Biodéchets : les gestes et obligations
- VigiEau et restrictions sécheresse
Dernière mise à jour : . Notre charte et notre méthode.
Propos recueillis par la rédaction de Tout pour le jardin. Notre méthode et nos sources.
